Class - S01E03 – 29 Octobre 2016
Le titre est assez étrange et mystérieux et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. L’épisode ne m’a vraiment pas déçu·e ! C’est un peu un mélange entre Quelques minutes après minuit (chef d’œuvre) pour la thématique et l’ambiance, et Children of Earth pour la bêbête bien cracra. Tout fonctionne vraiment bien dans cet épisode, qu’il s’agisse de la mise en scène, des dialogues, du ton et des interactions entre personnages. Pourtant, le pari était vraiment compliqué à relever.
En gros, de la faille sortent des tentacules visqueux gigantesques et très longs provenant d’une créature chelou et le bout de ces tentacules prend la forme de personnes décédées face à celleux qui sont en deuil. On se concentre sur Tanya et sa relation avec son père mort d’une crise cardiaque deux ans auparavant. Mais on a aussi le droit à des pépites émotionnelles sur les autres personnages - Quill et sa sœur, Ram et Rachel - sans que ça ne vienne parasiter toute l’histoire de Tanya.
Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est maîtrisé. Quand j’ai vu les tentacules se répandre dans toute la ville, je me suis dit : « oula, ça va être ridicule cette histoire ». Donc je ne partais vraiment pas confiant·e. Grand mal m’en a pris parce que c’est sûrement l’épisode le plus solide jusque-là. La série ne fait que s’améliorer ! Le deuil est une thématique qui me touche énormément et j’ai toujours du mal avec les étapes classiques et théoriques du deuil. Comme si chacun·e faisait un deuil wikipedia et une fois les étapes passées, c’est bon, tout va bien. Là, ce n’est pas le cas. On a le droit à des flashbacks d’une douceur rare pour un épisode de série de science-fiction. Mais on a aussi le droit à un discours original sur le deuil qui n’est pas axé que sur des bons sentiments un peu cruches.
L’acteur qui joue le père de Tanya, du moins sa manifestation, et l’actrice qui joue Tanya sont tout simplement fantastiques. Tous leurs dialogues sont réussis et ce sont pourtant des sacrés morceaux. Ce n’est pas pathos pour être pathos, bien au contraire, c’est gênant, inconfortable, exactement ce qui pourrait se passer si on se retrouvait face à une personne décédée.
Outre tout ça, on a en parallèle les autres personnages. Le moment à la fois mignon et très gênant, sont les retrouvailles amoureuses entre Charlie et Matteusz. Ils sont très mignons ensemble, mais bon, on n’avait peut-être pas besoin de les montrer avoir des relations sexuelles. Rien de mal à ce que deux jeunes de 17 ans s’aiment dans leur intimité (en sécurité et en se protégeant !) mais pas forcément besoin de s’immiscer dans cette intimité. C’est un sujet épineux. Il faut aussi que les jeunes aient des représentations positives, notamment des représentations homosexuelles. C’est peut-être mon côté prude qui parle et le fait que voir des gens, et encore plus des jeunes, avoir une intimité me met toujours extrêmement mal à l’aise. En revanche, l’épisode met en action un nouveau duo pas vraiment exploité jusqu’alors, April et Ram, et c’est vraiment bien fait et ça marche très bien ! Les acteurices sont vraiment très doué·es je trouve.
Par contre, voir comment Quill réagit face à la créature et comment Ram réagit face à Rachel dont il a été question dans l’épisode précédent était bienvenu. Ce qui était aussi très cool, c’était encore une fois le final un peu cartoonesque qui implique Quill et un bus qui sort de nulle part. Même Charlie l’admet « elle a de la ressource ». J’aime vraiment que la série se prenne à la fois au sérieux, mais en conservant un aspect complètement foldingue qui s’autorise des choses un peu absurdes. Bref, c’était là un excellent épisode que je recommande à n’importe qui voudrait savoir ce que c’est que Class. Il peut vraiment se voir sans trop savoir ce qu’est la série, ça marche très bien.
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