Class - S01E04 – 5 Novembre 2016
Les croûtons de l’espace sont de retour ! Et leur problème dermato ne s’est vraiment pas arrangé : faut mettre de la crème hydratante hein… ! Voilà un épisode qui ne marche vraiment qu’à moitié. En fait, l’intention est vraiment louable et il y a plein de choses que je trouve intéressantes dedans. Mais tout ne se marie pas très bien. Que ce soit dans les thématiques abordées ou les différentes esthétiques, il y a quelque chose qui coince, une rencontre qui ne se fait pas.
Cet épisode se concentre sur April et son histoire. Il apparait très clair que la série veut décliner chaque personnage et sa backstory dans un épisode chacun. En soi ce n’est pas incohérent et plein de séries le font, mais ce rythme fait qu’on a l’impression de faire du sur place. Ce que Class n’a pas vraiment compris, c’est ce que des séries plus récentes ont réussi et j’y reviendrai. Donc dans cet épisode, on apprend pourquoi la mère d’April est paralysée, pourquoi April n’aime pas son père et on développe sa relation avec Ram. Jusque là, chouette programme. La backstory est d’ailleurs très intéressante et parle d’une toxicité masculine vraiment forte à une époque où le mot n’était pas forcément dans toutes les bouches. Spoiler : le père d’April voulait se suicider, mais s’est dit qu’il pouvait en même temps buter sa femme et sa fille dans un accident de voiture volontaire, ce qui a résulté en une paralysie de la Maman et une fin en prison pour lui.
On apprend donc que le père d’April va sortir de prison et April, elle n’est pas vraiment chaude chaude à l’idée de revoir son paternel. Là où l’épisode surprend positivement, c’est qu’on s’attend à un papounet violent, flippant, antagoniste et on découvre un père à l’œil humide, désolé, qui cherche la rédemption et qui « veut juste voir sa fille parce qu’il l’aime et qu’il a merdé ». Ça, franchement, c’est très bien vu ! Parce que la toxicité masculine prend beaucoup cette forme : « non mais il est gentil, il n’était juste pas bien sur le moment, mais il est plein d’amour… » Donc franchement, encore une fois, comme avec la thématique du deuil, il y a une subtilité que je reconnais totalement à la série et qui me fait l’apprécier grandement.
Le souci provient presque plus de l’esthétique de l’épisode. Esthétique n’est pas forcément un bon mot parce que j’inclus dedans une rythmique et pas seulement des choix de décors et de photographie, mais bon. April souffre du fait que son cœur fait boum boum en synchro avec le palpitant de Corakinus, le croûton de l’espace en chef. Et lui, il aimerait bien avoir son propre petit cœur. Là où ça pose problème, c’est que les allers retours entre l’ambiance gris clair de la banlieue riche de Londres et le volcan en studio de Corakinus en costume de power rangers, ça ne marche pas. Dans les deux cas, tout est trop éclairé en fait. On voit que c’est faux et ça sonne faux. La contradiction intéressante en théorie d’une April jusque là hyper bienveillante, qui devient violente et énervée ne fonctionne pas non plus parce que visuellement, on n’y croit pas. Peut-être parce que ce n’était pas assez introduit dans les épisodes précédents. Et c’est là où le côté ‘un épisode, un perso’ a des désavantages.
Bref, le final est vraiment pas ouf sur cet épisode avec un climax qui peut presque être ridicule et c’est dommage. Mais ce n’est que partie remise parce qu’en parallèle, des fleurs attaquent des gens et on sent bien que l’épisode suivant sera une suite directe.
Je voudrais revenir sur un point. Pourquoi le titre de la série est déceptif et pourquoi elle ne réussit pas vraiment ce qu’elle souhaite faire. Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer dans ma tête Class et Sex Education. En deux épisodes, on a deux relations intimes entre adolescents et les deux m’ont gêné. Alors que Sex Education, c’est que ça, c’est bien plus explicite et ça ne m’a pas autant mis·e mal à l’aise, au contraire. En fait, dans Sex Education, on est dans le lycée, on les voit évoluer, on voit bien que quand les jeunes sont dans leur microcosme, c’est une véritable société avec ses codes, ses règles, etc. Et que les hormones sont en feu et que c’est le premier microcosme où le sexe vient jouer un rôle très important puisque c’est le moment de la découverte où il va y avoir des erreurs mais où il est justement possible d’apprendre sans avoir besoin de vieux réacs pour te dire que l’abstinence c’est mieux.
Dans Class, il semble évident qu’on ne veut pas parler de sexe en soi, mais la série veut que ce soit présent et ne veut pas faire genre que ça n’existe pas. Très bien en théorie. Sauf qu’on ne les voit jamais vraiment dans le lycée. Le titre n’a pas vraiment de sens au fond, c’est vraiment un prétexte. Ils pourraient tous être juste voisins par exemple, ça ne changerait rien au demeurant. Et du coup, toutes les relations entre personnages dès qu’elles deviennent intimes, semblent un peu trop gratuites parce qu’on n’a pas vu cette microsociété et les attirances qui s’y créent. Il faudrait vraiment passer plus de temps au lycée et le titre le laissait penser. Mais au final, ce n’est pas le cas du tout et c’est là que c’est déceptif à mon sens. On n’a pas l’impression de voir des ados qui vont en cours, mais des jeunes adultes qui font ce qu’ils veulent. C’est peut-être ce que la série réussit le moins.
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