Miracle Day - The Blood Line

Publié le 16 avril 2026 à 18:18

S04E10 – 9 Septembre 2011

Et là, c’est le drame. Quel dommage ! La première moitié de la saison était si fascinante ! Il y avait un potentiel vraiment immense et ce n’était pas loin d’être très très bien écrit. Que s’est-il passé ? A mon humble avis, Vera aurait dû continuer à être présente. J’appellerais donc le problème de Miracle Day, le problème Pas de Vera, Pas de chocolat.

 

Bon, on va faire très vite et en essayant de ne rien spoiler. En gros, les gentils vont de part et d’autre de la planète où se trouvent les méchants face au miracle. Ils parlent loooooongtemps.

Finalement, tout ça se résout dans le sang et tout est réglé ou presque. Voilà. C’est globalement un épisode de résolution ultra classique, avec des éléments pas amenés jusqu’alors et une mise en scène d’un statique à faire peur. Les décors ne sont pas beaux. Les effets spéciaux ne sont pas beaux (pas parce que c’est raté, juste parce que les choix artistiques sont vraiment particuliers). La mise en scène a disparu. Les personnages sont lourdingues. C’est un immense échec et une déception totale pour ma part.

 

J’élabore un peu pour ne pas avoir l’air de juste dire du mal. Parce que je voudrais essayer quand-même de déterminer pourquoi je ne trouve pas ça réussi. Déjà c’est mon point de vue : d’autres pourraient totalement me contredire. Ensuite, je pense que la série s’est petit à petit enfermée dans un goulot d’étranglement où le genre dans lequel elle s’inscrit l’a mené de facto. En fait, quand Miracle Day commence, on sait que « plus personne ne meurt » n’est pas tenable. C’est un concept absolument fantastique, mais peut-être trop immense. Dans un roman, il y aurait la place de le faire exister pleinement. On pourrait dézinguer les personnages principaux, faire durer ça sur des années, découvrir une nouvelle société, etc. Mais là, forcément, on doit conserver le noyau de Torchwood, tout relier à nos personnages principaux et résoudre l’ensemble assez rapidement, sans s’attarder sur les conséquences désastreuses parce qu’en réalité, l’humanité serait en lambeaux en quelques jours probablement.

 

Le début de la série s’en sortait parfaitement bien parce que justement elle faisait le choix de dire « eh bah non, je ne vais pas éviter les écueils, je vais les traiter, je vais foncer dedans » et la deuxième moitié fait un rétropédalage complet pour pouvoir se donner une chance de terminer l’intrigue dans une ambiance science-fiction d’action. Le problème c’est que cet épisode paye la note. Il faut que tout le monde explique tout dans des dialogues à rallonge en étant hyper statique dans des lieux pas très beaux. Les méchants doivent expliquer leur plan bête (alors qu’il y a derrière une superbe idée sur comment les populations riches veulent décider de l’état du monde). Les gentils doivent expliquer comment ils vont les contrer parce qu’ils sont malins (sauf que pour l’être, ils ont eu besoin de lire le scénario à l’avance, donc c’est pas fifou).

 

Au final, on se retrouve avec un vrai problème moral pour moi. La série fait des choix que je ne comprends pas. Les deux personnages féminins forts, positifs, qui montrent une empathie musclée et qui évoluent le mieux, sont effacés de la série sans que ça n’apporte quoi que ce soit. Le flic musclé homophobe bêbête blessé à mort, survit. Et le pédophile obtient une rédemption. Je précise sur cette question de rédemption : s’il avait été présenté comme une personne avec des pulsions malsaines contre lesquelles il luttait et qui avait craqué et s’en voulait terriblement, ok, envisager une rédemption, ça aurait pu être intéressant. Mais il est présenté comme quelqu’un qui ne regrette pas et qui est heureux d’avoir tabassé une gamine après l’avoir violée parce que « les ecchymoses sur son corps, c’était comme de la peinture ». Pardon, mais la rédemption après ça, perso j’achète pas.

 

Donc la série se termine en eau de boudin me concernant. Mon personnage préféré n’a pas survécu. Aucun de mes persos préférés n’a survécu en fait. Et en plus le méga climax se passe dans 10m2 où tout le monde parle en se regardant en chien de fusil. C’est assez dommage. La promesse du début était immense et malheureusement l’écueil d’une telle promesse n’a pas été contourné. Donner une réponse aussi simple à un tel évènement de science-fiction, c’est forcément être déceptif.

 

Je retiens néanmoins que Miracle Day ne mérite pas vraiment les critiques qu’il a reçu à l’époque, notamment sur l’aspect très musclé à l’américaine. C’est vrai que c’est un peu le cas parfois, mais c’est loin d’être juste ça. Ce n’est pas une si mauvaise saison et je porterai même sa première moitié parmi les grandes œuvres de science-fiction qui tentent des choses grandiloquentes avec brio.

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