Miracle Day - The Categories of Life

Publié le 16 avril 2026 à 18:13

S04E05 – 5 Août 2011

Aïe, là, ça taille dans le gras du concept et ça y va sans concession et sans merci. Cet épisode est fantastique sur pas mal de points. La mise en scène y est même vraiment intéressante à plusieurs instants et aurait pu l’être encore plus si les choix faits étaient encore plus radicaux. J’ai particulièrement été à fond dans cet épisode parce qu’il revient à ce que Torchwood fait de mieux : tout ce qui se passe échappe aux personnages alors qu’on voit bien qu’ils font ce qu’il faut et qu’ils y vont tête baissée parce que c’est la seule chose valable. La situation est terrible et seul Torchwood accepte de ne pas y aller par quatre chemins, tout en essayant d’être malin mais en galérant parce qu’ils n’ont que les moyens du bord.

Tout l’épisode est centré autour des « overflow camps » qui, sans que ce soit un spoiler immense, sont des éléments forcément très logiques dans un monde où la vie est devenue une pandémie. On a malheureusement connu des endroits un peu similaires il n’y a pas si longtemps et on ne peut qu’espérer que ça ne soit pas allé aussi loin. Ici, toutes les personnes « décédées » mais encore en vie, commencent à être « en trop » d’un point de vue purement pratique. Il faut donc les mettre quelque part et il faut les catégoriser (selon les gouvernements) pour déterminer qui en est à quelle stade de « mort ». Evidemment, Vera le dit tout de suite : ça n’a aucun sens puisqu’on peut donc décider un peu ce qu’on veut sur la vie des gens. Intéressant. Très intéressant surtout neuf ans avant qu’on décide qui est utile, nécessaire ou essentiel dans la société selon des critères pas du tout décidés par la majorité. Ces camps dans Torchwood sont la représentation terrifiante de ce qui est tout à fait possible.

 

Gwen est retournée à Cardiff pour récupérer son père dans un de ses camps. Vera et Esther se rendent incognito dans un camp en Californie, ainsi que Rex qui se fait passer pour mort dans le même camp pour pouvoir filmer ce qui s’y passe. Il y a beaucoup à dire : toutes les séquences avec Gwen sont vraiment réussies et au-delà du fait que ça se passe à Cardiff, on revient à quelque chose de très terre à terre et proche des personnages et des émotions qui fait le cœur et l’âme du Torchwood des débuts.

 

Tout ce qui se passe du côté de Vera, Esther et Rex est quelque chose d’assez différent et de vraiment passionnant. Parce que contrairement à Children of Earth, là, on s’intéresse à un des outils terribles du fascisme : la dilution de la responsabilité et les « petits chefs ». Ici, le choix est fait d’avoir un petit chef de camp qui veut faire ce qu’on lui demande mais qui évidemment ne sait pas comment gérer mais le cache bien. Le choix qui est fait par la série est valide et fonctionne : il est sexiste et raciste, mais d’une façon bête, du genre sexisme « positif » mais tout aussi irritant. Le seul souci que j’ai avec ça, c’est que ça aurait été peut-être plus fort d’avoir un personnage qui semble gentil totalement au premier abord et qui se révèle la pire personne. Parce que c’est malheureusement souvent c’est ça qui peut arriver dans les rouages de la hiérarchie fascisante. Malgré tout, ça fonctionne quand même ici.

 

Jack lui, se concentre sur Oswald et lui fait un vrai move à la Torchwood. Il se place au loin, en silhouette en contre-jour, et l’attire ainsi dans les couloirs d’un stade où Oswald va donner un discours. C’est là que la mise en scène rappelle encore beaucoup les premières saisons de Torchwood. Et ces séquences fonctionnent vraiment bien. Oswald obtient un choix moral donnée par Jack et il choisit à la fin de l’épisode. C’est grâce à toute cette tension qui se construit dans le discours d’Oswald par la mise en scène et le jeu d’acteur qu’on voit un personnage qui semble gagner en puissance alors qu’en tant que spectateur on le voit dégringoler et démontrer son irrémédiable faiblesse.

 

La fin ne fait pas de cadeaux aux personnages et j’en ai presque été choqué·e au point que j’avais du mal à y croire. Ça termine donc sur une note très forte un épisode dont la forme travaille vraiment le fond, qui aurait pu aller plus loin certes, mais qui fait déjà une immense avancée dans la saison.

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