Class - S01E01 – 22 Octobre 2016
Dix ans jour pour jour après la diffusion du premier épisode de Torchwood, un nouveau spin-off se lançait et n’était pas voué à durer sur les écrans. Pourtant, le début de la saison est relativement solide. Après avoir visé le public adulte avec Torchwood, puis le public jeunesse avec Sarah Jane Adventures, c’est au tour des adolescents, des young adults, d’être dans la ligne de mire d’un spin-off Doctor Who. C’est en soi une très bonne idée, mais qui apporte son lot de complications visibles dès le premier épisode.
On découvre donc une nouvelle bande de personnages à la Coal Hill Academy : Charlie, April, Ram, Tanya et leur prof, Madame Quill. On découvre dans un prologue que celle-ci a assisté à l’extermination d’un élève par une force maléfique. Les autres élèves eux, se préparent au bal, chacun cherchant son date pour la soirée. Dans l’épisode, on découvrira ééééénormément de choses sur qui sont en réalité Charlie et Madame Quill et qui sont leurs opposants, des espèces de croûtons brûlants venus de l’espace qui veulent cramer les gens. Probablement pour se venger des effets spéciaux en images de synthèse pas ouf qu’on leur fait subir en 2016 alors que Doctor Who en avait à la même époque des bien plus beaux.
Alors, pourquoi est-ce que c’est à la fois un bon début et un épisode bancal ? Tout est une question de rythmique. Le démarrage de l’épisode est vraiment solide et c’est environ à la moitié que ça déraille un peu. La mise en scène de la première moitié est vraiment enlevée, assez dynamique et donne le ton de la série : c’est sombre, c’est moderne, c’est sans concession. Mais la seconde moitié s’embourbe dans une interminable exposition pour expliquer d’où viennent les personnages et toute la backstory derrière leur présence ici et la présence des croûtons brûlants.
C’est un des écueils évident du young adult. Ce n’est ni pour enfant, ni pour adulte et donc il faut être relativement explicatif tout en restant un peu dark. Si on était dans une série plus adulte, peut-être qu’il aurait été possible de laisser un peu de plus de choses à l’imagination avant de tout expliquer et de donner des indices au fur et à mesure. La longue séquence d’exposition brise un peu la caractérisation des personnages qui est pourtant jusqu’alors excellente. Quill se met à tout expliquer alors que c’est une personne qui normalement n’a pas vraiment envie d’expliquer les choses. Charlie raconte des choses terribles, mais les flashbacks ne sont pas vraiment à la hauteur car les décors et les choix de costumes donnent une ambiance un peu Winx (j’adore la série en prise de vue réelles des Winx par ailleurs, mais là n’est pas le sujet).
La fin de l’épisode est aussi représentative de ce même problème. Autant les séquences d’action sont très divertissantes et on ressent le danger et l’horreur que vivent les personnages, autant il faut qu’à la fin on explique comment ça va se passer dans la saison de manière assez bateau malheureusement. Pourtant tout a un immense potentiel. Les personnages sont parfaitement caractérisés, les enjeux de chacun sont plutôt bien esquissés dans ce premier épisode, les relations qui vont se créer aussi et l’horreur visuelle est déjà présente notamment pour le personnage de Ram qui, le pauvre, s’en prend littéralement plein la tronche. Ce n’est vraiment pas fait par-dessus la jambe (too soon ?) à ce niveau !
C’est donc un épisode pilote en demi-teinte en ce qui me concerne qui fait de nombreuses belles promesses et qui donne envie de la suite. Maintenant que toute l’exposition est faite, au moins, on sent que tout ce qui est en germe là va avoir la place de s’épanouir dès l’épisode suivant. Petit point de détail : je n’achète vraiment pas le fait que Coal Hill School soit devenue Coal Hill Academy et que tout le monde se sente obligé de bien insister sur le fait que ça a changé. Ça aurait presque été plus logique que ça se passe ailleurs et ça n’aurait rien changé.
Spoiler : Le Docteur qui vient à la fin pour dire que désolé, il a des trucs à faire, mais chargez vous bien de défendre le monde et tous ces jeunes d’une menace terrible euh…bif bof. Ça fait un peu trop vieux sorcier à la Gandalf qui décide de mettre le sort de l’humanité dans les mains d’innocents un peu frêles alors qu’il pourrait peut-être régler la question rapidement s’il s’y penchait un peu plus. Capaldi est absolument fantastique dès qu’il est là, mais on sent que c’est un passage obligé et je ne le trouve pas suffisamment cohérent avec le personnage et la situation pour trouver ça si pertinent. J’aurais préféré le voir méga flippé en mode « je vais chercher une solution mais je ne sais pas quoi faire, en attendant, prenez garde ». Ça aurait apporté plus d’enjeu et d’intensité. Mais peut-être que je me trompe !
Ajouter un commentaire
Commentaires