Boom - Analyse complète

Publié le 15 avril 2026 à 10:55

Cette analyse contient des spoilers

On démarre à nouveau sur un fond vert, un champ de bataille, dans lequel deux soldats avancent. L’un est blessé aux yeux et il parle au téléphone avec son doigt (moui) à sa fille pour savoir si elle s’est brossé les dents. Bon c’est assez basique mais ça crée forcément de l’empathie. Ça pose quand même la question de pourquoi il y a des enfants sur une planète entièrement ravagée par la guerre, mais en soi, rien d’incohérent. Seul bémol : on ne voit pas d’autres enfants, ce qui rend la chose un peu sortie de nulle part juste parce qu’on avait besoin d’un enfant.

Les deux soldats ont peur du brouillard parce que les « Kostarians » s’y cacheraient OU sont faits de brouillards, ils ne savent pas trop. Ballot quand même de pas savoir. Et là, une ambulance en forme de vieux robot ménager des années 50 arrive avec le visage de la dame âgée qu’on voit depuis le début de la saison sur un écran. Jusque-là, l’ambiance est plutôt bien posée.

 

On coupe pour aller voir Mundy, une soldate, dans le camp de soldats anglicans qui parle avec Canto, un soldat, qui est clairement amoureux d’elle. Les acteurs sont bons, les dialogues bien menés, en quelques secondes on sait à qui on a affaire et on a de l’empathie direct. Mundy fait ce truc de dire à Canto que s’il l’aide, elle lui montrera son tatouage cachée parce que visiblement, représenter les femmes qui manipulent les hommes avec leurs corps, c’est ok… Puis elle plaisante sur la tension romantique entre eux et c’est gênant…

 

On retourne alors vers le soldat papa qui s’appelle subtilement Vater (père en allemand) et son pote se pète la gueule dans un gros trou, tombe sur une mine et pouf, il disparaît d’un coup ! L’ambulance débarque parce qu’elle a détecté un « combat » (en gros si tu fais un bruit un peu fort, elle détecte un combat, en temps de guerre c’est ballot parce que genre si y en a dans le camp… j’espère qu’ils font pas souvent tomber une casserole ou autre sinon les ambulances débarquent un peu rapido). Elle s’attaque au Vater (oui, en français, ça sonne comme les pépés qui disent Water Closet pour les toilettes) et lui balançant des picots dans le corps et comme il est aveugle, il est plus bon pour combattre et donc, elle lui demande de laisser un message parce qu’elle va le crever. Il dit « Kiss Kiss » pour sa fille et c’est triste. La tension est plutôt bien montée à ce moment-là !

 

Mais trêve de tristesse parce que ça, y est, le TARDIS est arrivée sur la planète et plutôt que de rester debout face à un fond vert, pour une fois, ENFIN, le Docteur fonce dans le fond vert en courant ! Eh oui, il a entendu le bazar qui vient de se dérouler et il veut aider. On découvre qu’il est hyper bien fringué (j’adore son style dans cet épisode), il court, il court et oopsie, il marche une mine invisible : dommage ! Aurevoir Docteur, c’était sympa. Régénération ?

 

Non, générique ! Et Ruby qui sort du TARDIS, le ferme à clé (ben oui, elle a les clés maintenant, enfin quelqu’un de responsable) et se demande où son ami foufou est parti. Elle l’entend chanter le générique de Outlander, voudrait lui rappeler que c’est pas la bonne plateforme de VOD, mais elle n’en fait rien parce que ça sortirait de l’ambiance. D’ailleurs l’ambiance champ de batailles en flammes, ça la phase pas d’un poil : on suppose qu’elle commence à être habituée (j’y reviendrai). De loin, le Docteur lui dit qu’il va bien et qu’elle doit juste suivre sa voix en faisant attention à où elle marche (ce qui est rigolo parce que les mines sont invisibles donc elle peut bien faire attention, ça changera pas grand-chose). Elle découvre alors le Docteur au fond d’un cratère, un pied sur une mine, l’autre en suspension. Il lui demande de décrire la mine précisément et il dit cette phrase bien sentie : « one wrong move and boom, I go all food mixer ». On était donc à deux doigts d’avoir un épisode intitulé « food mixer » plutôt que « boom » et franchement, ça aurait été fantastique.

 

Elle lui dit qu’ils étaient censés aller à la plage et il dit « everywhere’s a beach eventually » ce qui est peut-être vrai et si c’est le cas, c’est à la fois incroyable et terrifiant. C’est ce genre de petit zinger qui peuvent vraiment donner un style bien particulier à ce Docteur qui sait avec joliesse et joyeuseté montrer en quelques mots qu’il a plus ou moins tout vu et qu’en général, ça finit par craindre sévère. Bref, il doit rester immobile (mais il peut parler apparemment). Modern warfare, death by salesman, capitalism : et donc, un vieil ennemi de Moffat, Villengard ! La grosse industrie d’armes pas cool connue dans le Whoniverse depuis Eccleston ! A ce moment-là, le Docteur part dans une parenthèse d’anecdote digne des dialogues de Moffat, mais Gatwa le joue plutôt différemment et on voit qu’il s’approprie de plus en plus le rôle même si clairement dans l’écriture, personne ne lui donne un style propre et qu’il doit se le donner lui-même.

 

J’adore sa phrase devenue un peu culte « It’s gonna be a moment yeah ! » qui restera une des phrases de ce Docteur que je pourrais le plus ressortir. Il demande donc à Ruby quelque chose pour qu’il puisse poser son pied au sol, parce que ses cuisses commencent à chauffer (en vrai je fais une pose similaire en sport pendant quelques secondes et ça chauffe sévère, donc là il est au stade magma de la cuisse le Docteur). Mais il faut qu’il pose pile au moment où elle lui donnera quelque chose dans la main pour compenser la perte de poids sur la mine. C’est la scène des Aventuriers de l’arche perdue (qui ne s’intitule pas Indiana Jones, vérifiez) et on sait comment elle finit : mal.

 

Ruby trouve un Vater en tube (et non, c’est pas un WC modèle réduit malgré la proximité des termes) et ooooh elle voit l’horizon avec les planètes trop belles ! Faut reconnaître, c’est vraiment bien fait et c’est classe. Moins bien fait que les VFX de Flux, puisqu’encore une fois on est juste sur un fond vert sans réelle profondeur, mais tout de même. En fait c’est la première fois qu’elle vient sur une nouvelle planète ! Donc…ça fait pas longtemps qu’ils voyagent ensemble ! Bref, elle découvre qu’elle tient un mec en tube, que c’est dégueu et qu’elle a envie de vomir, logique. Le dialogue à ce moment-là est génial : Moffat capture vraiment bien le Docteur et Gatwa s’en empare à la perfection. Ruby s’approche, la mise en scène et vraiment en tension, elle prend la décision de se mettre en danger (ça c’est Doctor Who !) et insiste auprès du Docteur. Ce dernier lui parle de haut (I forgive you for being stupid) (et c’est assez Doctor Who aussi !) mais il la trouve courageuse. Elle l’appelle « babes » et on voit dans cet épisode à quel point ils jouent bien ensemble : l’alchimie des comédiens prend vraiment enfin à ce moment précis.

 

Ils chantent pour se donner un rythme, elle donne le tube, il pose le pied, ça marche, il pleure parce qu’il est vaguement sur les nerfs et il doit calmer son adrénaline qui risque de faire pétouiller la mine. Et là, quand on croit qu’on va respirer un peu, BAM, l’hologramme de Vater se déclenche et on découvre ce qui s’est passé. La vie ne vaut pas chère, les patients si, donc l’algorithme IA de Villengard optimise les gens en fonction de leur capacité à se battre. Et là, catastrophe, la fille de Vater arrive en courant parce qu’elle a entendu papounet parler !! Elle va tout faire foirer et faire un Gatwa en tube !

 

On comprend que, comme toute sa société de religieux, elle pense que sa mère est un ange auprès de Dieu (elle est morte donc… pas de bol, son père aussi du coup) et le Docteur et Ruby sont choqués de voir qu’elle croit au paradis. Sans faire exprès, elle déclenche l’hologramme au bon moment pour le scénario, elle court vers le Docteur. Ruby la retient, le Docteur se retient de bouger : mamma mia, la tension est à son paroxysme, c’est très bien joué ! Heureusement, elle voit la mine (on se rappelle qu’elle vient de courir dans un champ de mines invisibles et qu’elle a eu un bol monstrueux), se calme, voit l’énergie de l’explosion qui commence à s’installer sur le visage du Docteur (très stylé) et il comprend qu’il est lui-même l’explosif. Mundy arrive alors et pointe son gun : l’épisode ne cesse de faire monter la pression sans s’arrêter et on doit bien lui reconnaître ça !

 

Le Docteur trouve le temps de faire une vanne : si Mundy épouse Ruby, elle s’appellerait Mundy Sunday (Lundi Dimanche, trop marrant) alors que si ça se trouve Ruby s’appellerait Ruby Flynn, ce qui n’est pas marrant pour le coup. Mundy explique qu’ils n’ont jamais vu les Kastarions, donc très clairement, c’est la guerre entre les Kassos et les Kastarions à ce stade. Le Docteur fait une référence à un épisode cool du Treizième Docteur (avec les monstres de boue) mais Mundy s’en fout, elle veut qu’il lâche l’urne. Il dit qu’il est Timelord et qu’il va faire pétouiller la moitié de la planète, mais elle dit que elle, elle est anglican, ce qui est hors sujet. Après l’avoir scanné, elle ravale son argument qui n’en est pas un.

 

En parallèle, la fille est devenue totalement neuneu et regarde des photos en hologrammes en s’en foutant de ce qui se passe autour. J’ai vraiment du mal avec ça… Bref, comme Mundy a tiré sur le Docteur (oui il bouge pas mal pour quelqu’un qui ne doit pas bouger, chut), une ambulance débarque lance des picots sur le Docteur sans que ça ne fasse changer le poids sur la mine (ah bon ?) et Ruby réagit en piquant le gun de Mundy pour attirer l’ambulance. Là encore, enchaînement de tension en tension, ce qui est un tour de force. Parce que Canto arrive au moment où Mundy demande à Ruby de lui tirer dans l’épaule pour attirer l’ambulance, et du coup, il dégomme Ruby. Bon par contre, si les ambulances ne finissent pas leur taff dans le cas où elles entendent un autre coup de feu, sur un champ de bataille, elles servent à quoi ? Elles vont constamment changer de direction, non ? Je pinaille parce que je pense que ça n’a pas grande importance, mais je me suis posé la question.

 

Le Docteur est dévasté de voir Ruby crever et Gatwa le joue hyyyyyper bien. J’adore son jeu d’acteur, il est vraiment très talentueux. L’ambulance ne trouve pas de descendant ou d’ancêtres à Ruby, la neige se met à tomber et tout cet enchaînement est vraiment grandiose. Le Docteur lève la tête (oui il bouge, chut). La neige s’arrête en plein milieu de l’air (hyper classe, très mystérieux). Mundy convainc Canto de pas faire n’imp et elle demande au Docteur ce qu’elle peut faire. Il veut d’abord savoir comment va Ruby mais l’IA ne soigne pas les non-croyants (pas cool mais assez réaliste) et le Docteur comprend alors : le seul moyen c’est de se rendre, de perdre, d’abandonner la guerre, la mine s’arrêtera alors parce qu’elle leur appartient (c’est con d’acheter un truc aussi technologiquement avancé mais qui n’est pas calibré pour te reconnaître et ne pas te tuer). Mais Mundy ne comprend pas (en même temps, elle pensait que « je suis anglican » était un argument d’autorité dans une conversation…).

 

Le Docteur a tout pigé et il explique alors : les anglicans sont venus comme des bouffons sur cette planète, ont tiré sur du rien, l’algorithme s’est activé, ils ont déclaré la guerre à personne et l’algorithme maintient donc un quota de morts correct. Comme ils ont la foi, ils n’ont pas réfléchi (alors je suis vraiment pas pro religion, plutôt l’inverse, mais je suppose que des gens ayant la foi pourraient dire que ce n’est pas si manichéen). Le Docteur demande à l’hologramme de Vater de rentrer dans l’algorithme et de tout péter : concrètement, je m’y connais pas en informatique, mais ça n’a aucun sens il me semble. Mais c’est pas grave parce que ça marche narrativement parlant. Le docteur fait une référence à nouveau au fait qu’il est père : dad to dad, dit-il. Mundy met deux-mille ans à comprendre que Canto est amoureux d’elle. Et trop tard, l’ambulance défonce Canto : c’est hyper violent comme scène et super badant. La mise en scène et le montage sont canon à ce moment-là. Mundy récupère Canto en tube et découvre son message où il lui dit que c’est pas grave qu’elle l’aime pas en retour. Je ne sais pas quoi penser de ce sujet dans l’épisode, ça ajoute un peu d’émotions c’est sûr, mais ça n’a pas vraiment le temps d’être traité jusqu’au bout.

 

Bref, un troupeau d’ambulances arrivent, Vater n’arrivent pas à tout casser parce qu’il y a un firewall auquel le Docteur n’avait pas pensé (il n’a pas lu « L’informatique pour les nuls » aussi, le pauvre). Franchement ça, j’aurais pu l’écrire, c’est dire à quel point c’est bidon : j’y connais rien en informatique, je suis une triple buse sur le sujet, et pourtant je sens bien qu’on dirait moi qui prétendrais savoir de quoi je parle. « Ah ben oui, c’est le firewall du cheval de troie, un virus écrit en spam usb ».

 

Heureusement, l’hologramme se souvient d’avoir vu une antilope avec sa fille (tellement random, j’adore) mais il disparait en prenant l’apparence de la vieille infirmière (l’IA de l’ambulance). La mine devient rouge et le Docteur fait dans son beau pantalon fashion. Le décompte se lance, dans quelques secondes, tout le monde meurt. Mais là on entend « kiss kiss ». Yoohoo, le pouvoir du papa ! la thématique de la saison et de ce docteur est sauve ! Etre père, ça fait des miracles ! Vater a réussi à dézinguer l’algorithme le plus puissant de ce côté de la galaxie (alors qu’il est littéralement juste une création de cet algorithme donc je comprends pas comment ça marche). Ruby se fait soigner, le Docteur va la voir et là, il joue trop bien : il se met à danser et faire de la batterie dans les airs, il est super cool, c’est vraiment son style de Docteur bien à lui !!

 

Il fait un mic-drop face à Villengard et CUT, on retrouve tout le monde devant l’horizon en fond vert (on arrête pas une équipe qui gagne : chaque épisode doit avoir son moment de gens debout face à rien). Mais là, c’est presque méta : le Docteur en a marre et veut se barrer. Il est désolé pour la petite fille, mais pour elle son père n’est pas parti, il est juste mort (okkkkkk). Le Docteur dit ne pas aimer le concept de foi (alors que c’est un peu ce qu’il demande dans les faits à chacun·e de ses companions) mais il précise qu’il en a parfois besoin. Il fait une référence aux fish fingers and custard (Moffat référence Moffat) et ils s’en vont ! Arrivederci ! Ruby démarre un petit épilogue sur le sujet des croyances : est-ce que Vater est vraiment mort ? Le Docteur lui dit alors que mourir, c’est ce qui nous définit. La neige n’en est pas avant de tomber (très belle phrase à nouveau). Et il dit qu’un vieil homme triste lui a dit un jour que ce qui survit le plus, c’est l’amour. Qui est donc ce mystérieux vieil homme ???? Je reste très intrigué·e par cette phrase.

 

Là, ils rentrent dans le Tardis et se dématérialisent pour nous laisser découvrir un dernier flocon de neige… Que de mystère ! Que de belles phrases ! Que de discours un peu dans tous les sens concernant la religion ! Mais un épisode tout en tension qui fonctionne vraiment à ce niveau-là. On en oublie presque que le Docteur pour une fois ne bouge pas d’un pouce.

 

Un dernier flocon de neige nous indique que le mystère reste entier... C'était donc un épisode assez conceptuel, plutôt réussi sur pas mal d'aspect mais qui pose aussi certaines questions de choix éditoriaux : on dirait à nouveau que le Docteur gêne l'auteur, qu'il faut trouver une solution pour le rendre original. C'est quelque chose que l'on retrouvera sûrement par la suite, à voir !

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