Class - S01E08 – 3 Décembre 2016
Cet épisode a une tâche ardue et inintéressante qu’il relève mais qui reste tout autant inintéressante… C’est la fin de l’arc sur les croûtons de l’espace. Je les appelle comme ça parce qu’ils ont l’air d’être déguisés en roche volcanique, mais ce sont les Shadow Kin, c’est-à-dire, des êtres d’ombres. On a bien là un indice de pourquoi la série s’est auto-torpillé son concept : des êtres d’ombres, c’est stylé, c’est flippant, mais du coup, pourquoi les avoir fait ressembler à du pain trop grillé ?
Bref, dans cet épisode, on a du bon et du très mauvais avant d’arriver à un final plein de promesses qui ne seront jamais tenues malheureusement. Attention, spoilers : le père de Ram se fait tuer devant ses yeux par le roi croûton, puis la mère de Tanya se fait tuer pareil, puis Charlie se retrouve attaqué par le roi croûton et, comme April, donne une partie de son cœur ou chépakoi. Donc en gros : c’est violent, y a des morts mais…c’est pas très intéressant parce que les Shadow Kins ne sont pas intéressants, malgré ce que la série veut vraiment essayer de pousser.
Ce qui est vraiment plutôt bon, c’est l’idée que les Shadow Kins parviennent à s’infiltrer dans le monde par les ombres des gens : franchement, c’est une excellente idée ! Mais ça arrive à la fin de la saison donc c’est quand même hyper ballot ! Alors que si une telle menace avait été filée depuis le début, où chacun pouvait avoir peur de son ombre, ou s’en inquiéter, ça offrait des possibilités incroyables de narration. Et en plus, avoir peur de son ombre, pour des ados et du young adult, ça semble tellement parfait esthétiquement et thématiquement ! Mais non… ce n’est pas ce que Class a été et c’est dommage.
Au final, le climax se déroule toujours dans cette salle de théâtre du lycée où il n’y a personne et comme on ne s’est attaché à personne en dehors du groupe principal et qu’ils sont tous au même endroit, on a l’impression que la menace n’a pas d’impact sur le monde extérieur malgré tous les plans de coupes qui nous sont donnés. Est-ce qu’on connait d’autres élèves qui pourraient souffrir ? Non. Est-ce qu’on connaît un surveillant ? Non. Une personne de la cantine ? Non. Un prof ? Non. Coal Hill Academy n’existe fondamentalement pas.
Quill apprend à la dernière minute à Tanya à se battre. (Oui d’ailleurs Quill se bat enceinte en talons aiguilles parce que bien sûr. J’imagine qu’elle pourrait distancer un T-Rex en talons probablement aussi). Charlie accomplit une sorte de destinée dont il ne veut pas. April se met en danger et Matteusz… est présent. C’est très statique, ça n’avance pas beaucoup et certes toutes les arches culminent parfaitement à ce moment-là, donc c’est plutôt bien écrit, mais une fois encore, l’ambition de mise en scène de la série n’est pas à son maximum.
L’ultime fin de la saison se passe du côté de la directrice de l’école qui travaille pour un groupuscule obscur préparant une invasion et l’on découvre un monstre récurrent de Doctor Who mais qui n’agit pas sur la directrice comme il le fait dans la série habituellement. Du coup, beaucoup de questions en suspens qui n’auront probablement jamais de réponse.
Du côté des ados, (les personnages principaux quand-même n’oublions pas), un petit épilogue revient sur le fait qu’il y a eu une mort relativement inattendue pour nous teaser de manière très attendue et pas bien marrante pour le coup que non en fait ça va aller. Ce qui était logique vu qu’une saison deux était clairement envisagée avant de ne pas avoir lieu.
C’est dommage ! Class avait beaucoup de potentiel mais était encombré par ses antagonistes principaux plutôt inintéressants. Les personnages des ados eux sont vraiment très chouettes et on a envie de les suivre. Le plus gros bémol de la série est d’oublier son titre tout du long : on ne voit pas Coal Hill, on ne connait pas les gens qui y travaillent et les ados qui y étudient et ça empêche beaucoup d’attachement émotionnel et de sentiment de réalisme. Ram est très clairement celui qui prend le plus cher de toute la saison et ça en devient presque comique. On dirait que la série s’acharne sur lui jusqu’à la fin où même April s’en tamponne un peu des horreurs qu’il vient de vivre parce que lui dire comme elle se sent lui paraît plus important… Bref, c’est une série qui avait du potentiel mais qui se prend les pieds dans le tapis parce qu’elle en oublie son décor et perd l’ancrage de ses personnages. Comment des ados à qui s’adressent la série peuvent s’identifier aux personnages qui n’ont jamais l’air d’avoir cours ? Qui vivent comme des adultes ? J’aime beaucoup Class pour ses personnages et quelques-uns de ses concepts et je suis ravi·e d’avoir pu revoir la série malgré les points négatifs que j’ai pu soulever. Cette série méritait mieux et aurait vraiment dû avoir une deuxième saison, c’est assez injuste finalement.
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