Space Babies, l'exposition cassée

Publié le 10 avril 2026 à 08:34

Season One - Episode 01 – 11 mai 2024

Cet épisode est relativement douloureux à regarder pour ma part. Il y a pourtant de bonnes choses dedans, mais l’humour général me rappelle par trop d’aspects l’humour qui entoure les Slitheens : c’est scato, c’est censé faire rire les tout petits mais en les considérant comme des neuneus et toute l’esthétique autour de la morve et du caca…c’est pas mon truc. Voilà, je l’ai dit. Cet épisode va donc nécessiter un self-control de ma part pour en faire une analyse qui ne vire pas à la critique facile. Il s’agit officiellement du troisième épisode du Quinzième Docteur, mais c’est le premier épisode de sa première saison. C’est également le premier voyage dans le TARDIS qu’il effectue avec Ruby. C’est donc la première fois qu’on voit ce Docteur voyager et la série doit donc, pour lancer cette nouvelle ère, montrer le fantastique potentiel du concept. Est-ce donc à la hauteur ?

Bon, simplement, la réponse est un semi-non me concernant. Le démarrage de l’épisode joue un peu ce rôle magique de montrer que le Docteur et le TARDIS peuvent se rendre n’importe où n’importe quand, donc on voit bien que cette notion est en tête à la conception de l’épisode. Néanmoins, l’ensemble manque un peu d’imagination et le choix de la première aventure n’était peut-être pas le meilleur à faire, bien que toute la thématique soit pourtant assez judicieuse.

 

Le Docteur montre à Ruby que le TARDIS voyage dans le temps et l’espace en l’emmenant…au temps des dinosaures. Wahou. Original pour une machine à voyager dans le temps. L’idée est évidente et efficace, mais quitte à mettre les acteurs face à un fond vert, autant le faire changer deux ou trois fois pour montrer la fourchette possible de voyages, avant d’atterrir dans l’aventure proprement dite.

 

Et l’aventure proprement dite se passe dans un vaisseau en orbite, qui ne bouge pas, avec des bébés et dans des couloirs sombres. Tout est relativement bien fait à quelques exceptions près, mais c’est un choix qui bloque un peu l’imaginaire de la série. A nouveau, comme dans l’épisode précédent, la mise en scène narrative est assez pauvre. A titre de comparaison, même si c’est injuste en termes d’analyse, l’épisode où Rose voyage pour la première fois la mène dans un vaisseau avec des dizaines d’extra-terrestres différents. Rien que ça, ça montre le potentiel de la série, alors que ça se passait aussi dans un vaisseau unique immobile. (enfin une station mais bon.).

 

Ensuite, toute l’esthétique de l’épisode repose autour d’un concept plutôt sympa en soi, mais dont l’exécution peut ne pas plaire à tout le monde. En gros, les bébés créés par une « baby farm » dans un vaisseau ont peur d’un monstre qui vit dans les sous-sols et que le vaisseau a créé parce que les enfants ont besoin de fiction et notamment d’avoir peur. Alors, ok, pourquoi pas, mais du coup…pourquoi le vaisseau n’a pas créé d’autres choses dont les bébés ont besoin en termes de fiction ? Cet aspect n’est pas très clair pour ma part. Mais je passe dessus parce que je sens bien que l’épisode essaie aussi de montrer le concept basique de Doctor Who à savoir, le Docteur qui sauve des gens d’un monstre incompris et mystérieux dans des couloirs étroits.

 

La mise en scène est correcte mais sans plus. Il y a malheureusement des effets visuels de mouvements de caméras et de montage rapide autour du monstre qui font un peu vieillot au moment de la sortie de l’épisode. Toutes les inspirations provenant d’Alien sont digérées et réemployées un peu telles quelles, mais c’est efficace. Les petits mystères au fur et à mesure de l’intrigue sont implantés correctement et on se laisse prendre par l’histoire. C’est over the top, mais c’est du Doctor Who en soi. Peut-être que ce sont les réactions exagérées des personnages qui empêchent de prendre vraiment l’épisode au sérieux pour ma part.

 

Un gros point noir pour moi dans l’épisode est le début avec le Docteur qui explique tout le concept. C’est raconté de façon très lourde et ce n’est franchement pas un dialogue agréable à dire pour l’acteur. Plutôt que de faire le choix de montrer les choses, de les faire découvrir par le visuel et l’aventure à Ruby, la série choisit depuis l’épisode précédent de tout faire passer par des lignes de dialogues ultra-explicatives. C’est assez étonnant, mais à nouveau, on a l’impression que les personnes en charge ont peur que ce ne soit pas assez explicite pour le nouveau public. Sauf que c’est comme les enfants qui n’ont pas besoin qu’on les fasse rire avec des prouts, le public peut s’en sortir très bien sans qu’on le prenne pour un neuneu.

 

Voilà donc pour mon analyse point par point. C’est un épisode qui ne me passionne pas et que je n’aurais pas forcément placé là dans la saison. Mais les petits twists sont plutôt bien amenés et c’est appréciable de voir le Quinzième Docteur prendre petit à petit son rôle à bras le corps.

 

Voici ensuite pour celles et ceux que ça intéresse, un déroulé de l’épisode plus détaillé avec mon ressenti et mes réflexions toutes personnelles: ANALYSE COMPLETE DE SPACE BABIES

3 FILMS A VOIR

Vous avez aimé l'ambiance de Space Babies ?

Prolongez l'expérience en découvrant ces films :

Avant Baby Boss, il y avait les Allo Maman ici bébé. Est-ce que c'était bien ? Je vous laisse seul.es juges et bourreau. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a des bébés, que c'est une comédie et que Daniel Auteuil fait la voix du bébé et John Travolta qui fait le papa. Donc bon. A-t-on besoin de dire plus ?

Space Babies a un bébé avec un lance-flamme, un vaisseau qui lâche une caisse et un monstre en crotte de nez et c'est pas une parodie. Spaceballs en revanche ça se place là en termes de parodie de science-fiction. Ce ne sera pas du goût de tout le monde, mais c'est un monument de la comédie américaine et rien que pour quelques scènes d'anthologie dont une avec de la confiture sur des écrans, c'est un immanquable. Allez-y les yeux fermés bien ouverts. A voir en mangeant des bonbons.

Deux salles deux ambiances. The Thing c'est tout ce que Space Babies voudrait être et n'est pas. C'est mon Carpenter préféré probablement. On y retrouve l'ambiance : il y a un monstre un peu difficile à cerner dans un endroit dont on ne peut pas sortir. Et pour le coup, ça donne envie de partir en courant comme Ruby et le Docteur, mais là c'est plutôt justifié. A la place de la morve, on a le droit à de la chair distordue. C'est pas un visionnage évident parce que ça fout bien les miquettes, mais je viens d'écrire le mot "miquette" et j'ai pas eu peur, alors vous pouvez prendre votre courage à deux mains et aller voir ce chef d'œuvre de l'horreur.

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